Passé le temps de la sidération, puis le temps de l’organisation de la vie en confinement, peut-être que maintenant peut s’ouvrir le temps de la réflexion sur la période pré-électorale, le déroulement et les résultats des élections.

La campagne électorale d’ «  Ambitions Pour Gap » a pris une ampleur croissante au fil des semaines. Forts de nos valeurs écologistes, humanistes et progressistes, nous avons rassemblé des personnes venues d’horizons divers autour d’un projet construit avec les Gapençaises et les Gapençais. Nous avons mené  avec enthousiasme une belle campagne : présence tous les jours au local, dans les lieux animés de la ville, réunions d’appartements, réunions thématiques de travail, rencontres avec toutes celles et tous ceux qui nous ont sollicités afin de connaître notre vision de l’avenir pour notre commune et pour l’agglomération, communication active sur notre site et les réseaux sociaux… Nous avons réuni au CMCL une assemblée nombreuse et partagé dans la bonne humeur une soirée politique et conviviale de fin de campagne, le 11 mars.

C’est avec un grand dévouement que nous avons participé à la tenue des bureaux de vote et au dépouillement le soir du 15 mars. Il convient d’ailleurs de remercier toutes celles et tous ceux qui se sont engagés malgré le contexte particulier et les mesures sanitaires exigeantes. Il convient aussi de remercier tous les électeurs qui se sont déplacés pour voter et tout particulièrement ceux qui ont voté pour notre liste, « Ambitions pour Gap », avec comme tête de liste Charlotte Kuentz.

 

Que dire des résultats ?

Tout d’abord, nous pouvons nous féliciter de notre score : en effet avec 32,74% des voix nous avons fait la démonstration de notre force et désormais «  Ambitions pour Gap  » représente le seul groupe d’opposition crédible face à l’équipe municipale de Roger Didier. Nous sommes  légitimes pour intervenir sur tous les sujets qui nous tiennent à cœur, être porteurs de projets et constituer une opposition active, incisive et constructive.

Deuxième constat : la grande gagnante de cette élection c’est l’abstention. En effet, avec une abstention de 64,42% (41,17% en 2014), on voit bien à quel point la crise sanitaire, la peur de la contagion et  les déclarations contradictoires du gouvernement ont incité de nombreuses électrices et de nombreux électeurs à rester chez eux, avant d’être contraints de le faire par un confinement annoncé deux jours plus tard.

 On peut ajouter aussi quelques éléments du contexte local qui ont contribué à détourner les électeurs des urnes : en entrant en campagne seulement deux semaines avant le premier tour, en refusant d’accepter le débat contradictoire sur la politique menée ces 13 dernières années, en pesant sur certains médias locaux, Roger Didier a stérilisé la campagne. L’idée qu’il serait impossible de gagner des élections face à lui a donc pu poursuivre tranquillement son travail de sape dans le corps électoral. Par ailleurs, le manque de diversité dans l’offre électorale avec une seule liste à droite et la présence de deux listes situées à gauche de l’échiquier politique a sans doute accentué cette pensée défaitiste et n’a pas contribué à créer une dynamique favorable à un élan des électeurs vers les urnes pour un changement de l’équipe en place.

Si le résultat est ressenti comme étant connu d’avance, quelle que soit la valeur des candidats et du projet en lice contre le maire sortant, quel intérêt de prendre des risques pour aller déposer un bulletin inutile dans l’urne ?

Dans ces circonstances particulières, Roger Didier est élu dès le premier tour avec 54,18% des voix. La prime au sortant est renforcée par la très forte abstention et la peur du changement dans cette période incertaine et anxiogène qui s’annonce. 

Pour autant, Roger Didier et sa nouvelle équipe ont-ils été réellement élus ?

Le nouveau conseil municipal, dans lequel « Ambitions pour Gap » aurait 7 élus, aurait dû se réunir le 20 mars pour être installé. Mais le gouvernement a annoncé l’interdiction de ces réunions d’installation des nouveaux élus, le report du second tour (peut-être jusqu’au 21 juin) et le gel des résultats du premier. Ce qui a pour conséquence de maintenir en fonction l’ancien conseil municipal jusqu’à la fin de la période électorale qui pourrait donc durer encore plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Donc, techniquement, pour le moment, Roger Didier n'a pas été réélu.

Quelles perspectives pour les prochains mois ?

Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner a présenté en conseil des ministres, le 1er avril, une ordonnance précisant les dispositions électorales de la loi d’urgence sanitaire du 23 mars. Le second tour, quand il est nécessaire sera reporté au plus tard à la fin juin. La date en sera fixée le 27 mai en fonction de la situation sanitaire. Si le second tour ne peut se tenir avant  fin juin, les électeurs des communes non pourvues lors du premier tour seront de nouveau convoqués pour les deux tours. Le mandat des conseillers sortants sera prolongé pour une durée fixée par la loi. Dans tous les cas, l’élection des conseillers municipaux et communautaires élus dès le premier tour reste acquise. 

Le gouvernement considère donc que les circonstances très particulières dans lesquelles s’est déroulé le premier tour et le faible taux de participation ne suffisent pas pour une annulation globale des élections. Pour autant devons-nous accepter ce hold-up démocratique ? Pouvons-nous accepter cette rupture d’égalité entre les territoires et les citoyens ? Pouvons-nous accepter que les cartes soient rebattues dans certains endroits et pas dans d’autres ?

Si ce scénario se confirme, alors, la grande perdante de ces élections sera la démocratie et nous devrons nous rassembler autour de nos élus pour faire entendre la voix des citoyens qui veulent, avec « Ambitions pour Gap » plus de démocratie, plus d’écologie et plus de justice sociale dans notre commune.

L’équipe d’Ambitions Pour Gap