Dans le cadre du débat public sur la mobilité du 3 Mars prochain, organisé par l'association Mobil’idées, nous avons travaillé collectivement afin de répondre aux dix constats et préconisations.

D’autres modes de déplacement doivent être encouragés.

2/3 des déplacements dans l’aire gapençaise sont réalisés en voiture, 1/3 environ s’effectuent à pied (principalement en ville), tandis que les transports en commun représentent 4% des déplacements et le vélo 1 %. Pour nous, le développement des alternatives à la voiture est une priorité́.

Pour cela, nous améliorerons les transports en commun (itinéraires, matériel, cadencement...), et faciliterons les mobilités actives dont le potentiel est immense (marche à pied et vélo).

A l’échelle de l’agglomération et de l’aire gapençaise, nous développerons le covoiturage.
Nous travaillerons directement avec les employeurs, avec les salariés, avec les écoles... afin de fluidifier les trajets du quotidien, en privilégiant les modes actifs (marche, vélo) ou les transports collectifs.
Afin d’adapter les projets “mobilités” au plus près des réalités, nous mènerons des études régulières, en commençant par actualiser le Plan de Déplacements Urbains (PDU) qui a une quinzaine d’années. Toutes les propositions par mode de déplacements sont détaillées dans les parties suivantes.

La ville doit être désengorgée, des reports modaux doivent être incités

L’ensemble de nos propositions sur la mobilité vise à reporter au mieux les déplacements en voiture individuelle vers d’autres modes de déplacements plus durables.

Nous rénoverons et renforcerons le rôle des parkings-relais pour y laisser facilement sa voiture et finir son trajet à pied, à vélo ou en bus. Nous les aménagerons de façon adaptée pour les usagers (parkings à vélo sécurisés, arrêts de bus confortables).

La future rocade soulagera en partie le trafic en centre-ville en déviant les véhicules en transit. Cela sera une opportunité pour réaménager les boulevards actuels, en donnant toute leur place aux modes actifs (vélo, marche) et aux bus.

Au-delà du périmètre de Gap et de l'agglomération, le maintien de la desserte ferroviaire, notamment du train de nuit, aura tout notre soutien et toute notre vigilance, notamment pour s'assurer que les récentes annonces se concrétisent en travaux.

Nos propositions concrètes pour développer le covoiturage, la marche à pied, le vélo ou les transports collectifs sont détaillées dans les parties suivantes.

Les habitudes doivent évoluer vers des modes de transports doux et partagés

Afin d’éviter les redondances sur la marche et le vélo, qui font partie intégrante d’autres questions, l’accent est mis ici sur les modes de transports partagés.

Nous informerons et sensibiliserons les citoyen·nes à l’évolution vers des modes de transports partagés. Nous soutiendrons toute initiative allant dans ce sens.

L’efficacité de la mise en œuvre de solutions alternatives réside dans l’accompagnement des mesures : informations et incitations démontrant les avantages financiers, de cohésion sociale, écologiques et de fluidification du trafic dans Gap.

Il s’agit de favoriser ces modes de transports partagés pour:

  • limiter les émissions de CO2 et donc réduire la pollution (y compris la pollution sonore),
  • réduire le nombre total de véhicules en circulation à l’instant “T” en fluidifiant la circulation et, par la suite, en mettant fin aux embouteillages, notamment Bd Pompidou,
  • agir sur l’état de stress et de fatigue,
  • limiter le coût financier lié aux transports pour les foyers et favoriser la cohésion sociale.

A noter que les modes de transports partagés impliquent de traiter deux volets :

  • la circulation à plusieurs dans un véhicule : le covoiturage,
  • l’utilisation d’un véhicule par plusieurs personnes de façon alternative : l’auto-partage, le Vélo à Assistance Electrique (VAE) partagé.

Les propositions ci-dessous sont applicables sur la commune et l’ensemble de l’aire gapençaise.

Cela implique de restaurer la confiance avec les élu·es des autres collectivités afin d’agir ensemble utilement.

Circulation à plusieurs dans un véhicule (pour les bus voir constat n°8)

Le covoiturage permet de réduire le nombre de véhicules en circulation et est facteur de cohésion sociale , en augmentant le nombre moyen de personnes par véhicule.

Afin de favoriser cette pratique, il convient :

  • de mettre en place une application informatique dédiée pour:
    • mettre en relation des piétons souhaitant covoiturer avec les automobilistes,
    • inciter des employeurs de l’aire gapençaise à participer à son fonctionnement.
  • de proposer une signalétique spécifique à apposer sur les véhicules participants au dispositif : “je covoiture”,
  • d’inciter les covoitureurs par des temps supplémentaires de parkings gratuits ou en partenariat avec les entreprises pratiquant les primes de covoiturage,
  • d’informer sur le partage des coûts entre les passagers,
  • de créer des arrêts-minute de covoiturage. Ces arrêts seront :
    • définis de façon cohérente : leurs emplacements tenant compte des usages quotidiens, des habitudes de vie et des flux,
    • sécurisés,
    • adaptés et confortables : bancs, abris,
    • identifiés sur l’application mais aussi in-situ par une signalétique claire et visible,
    • intégrés systématiquement aux parkings relais afin que ceux-ci deviennent de véritables pôles multimodaux

L’auto-partage et le VAE partagé

Le partage permet de réduire les coûts liés à la possession d’un véhicule (achat, assurance, entretien, essence, stationnement...).

Le principe est que l’utilisateur dispose et donc paie une voiture ou un vélo à assistance électrique (VAE) uniquement pour la durée de son besoin. Nous soutiendrons les initiatives de développement du partage de véhicule qu’elles soient « entre particuliers », associatives ou entrepreneuriales.

Se déplacer à pied partout dans Gap doit être facilité

Ambitions pour Gap propose une piétonisation partielle de l’ultra-centre selon des conditions de lieu, de jours et d’horaires à travailler avec les riverains et les commerçants concernés. L’objectif est de dissuader la circulation de transit et la pratique des « raccourcis ». Cela passera également par des aménagements sur la voirie.

Nous sensibiliserons les utilisateurs de véhicules sur le temps que prennent les différents déplacements notamment entre les parkings et le centre-ville. Un comparatif didactique et ludique entre le temps mis par un automobiliste, un piéton, un cycliste sera mis en place pour encourager à la pratique de la marche !

Nous réaménagerons les itinéraires piétons avec comme principes :

  • La végétalisation des cheminements,
  • Une signalétique claire et adaptée,
  • La sécurisation de chacun des usagers avec une vigilance accrue pour permettre aux personnes déficientes visuelles (signalétique sonore, cheminement, bandes rugueuses plus systématiques),
  • L’inclusion de tous les Gapençais·es : personnes en situation de handicap, personnes âgées, parents ayant de jeunes enfants en poussette...

Nous prendrons également des mesures afin d'accroître la mixité des espaces de notre ville. Par exemple, nous utiliserons des pictogrammes féminisés sur les panneaux de signalisation (à l’instar de ce qui se fait à Genève depuis janvier 2020) et nous développerons une plus grande mixité dans le choix des noms de rues et de places.

Les pollutions sonores et atmosphériques liées aux déplacements doivent être maîtrisées

L’ensemble des propositions développées dans le présent document participera à la réduction des pollutions sonores et atmosphériques.

Concernant la pollution sonore

Notre programme, par une incitation aux modes de déplacement doux, permettra de diminuer le trafic, de plus nous:

  • Demanderons à la police municipale de se servir des appareils de contrôle des niveaux sonores dont elle dispose déjà. Nous veillerons à ce qu’ils soient utilisés à bon escient, dans un objectif de sensibilisation et de prévention.
  • Sélectionnerons des enrobés bitumineux avec des performances acoustiques élevées, en particulier sur les axes principaux.

Concernant la pollution atmosphérique

Notre programme, par une incitation aux modes de déplacements doux, permettra de diminuer le trafic. En outre nous :

  • irons vers un renouvellement des bus à motorisation propre, en privilégiant, dans un premier temps, les lignes à haute fréquence (ex-ligne 1, ligne 2),
  • remettrons des pots catalytiques pour les autres lignes, dans l’attente du renouvellement des bus,
  • généraliserons la motorisation propre pour la flotte de véhicules communaux,
  • inciterons à l’utilisation individuelle des véhicules à motorisation propre en développant la gratuité des parkings municipaux avec bornes de recharge,
  • réinstaurerons une aide à l’acquisition de vélos à assistance électrique et carrioles.

La ville doit être pensée de façon à réduire ces conflits

Nous prioriserons, dans tout aménagement, l’accessibilité du plus faible au plus fort. La priorité sera donnée aux piétons (enfants, personnes à mobilités réduites, adultes), puis aux vélos, aux deux roues, aux voitures et enfin aux poids lourds. Cela veut dire qu’il faut inverser le principe des croisements : c’est la voirie réservée aux voitures qui franchit la piste cyclable ou le passage piétons et non l’inverse.

Nous clarifierons la place de chaque usager dans le centre-ville, notamment la voiture et les vélos. Nous veillerons particulièrement à traiter les conflits d’usages dans la rue Carnot et sur le cours Ladoucette.

Nous sensibiliserons la population à travers des messages sur la courtoisie. La plupart des propositions faites ici feront l’objet d’une concertation avec les habitant·es, les commerçant·es, les employeurs et les acteurs de la mobilité. Ces temps d’échanges et de co-construction permettront également de relayer et de faire passer ces messages de courtoisie.
                     

Le vélo ne doit plus être regardé avec condescendance

Extrait du programme : “Faire du vélo un véritable mode de transport“

L’utilisation du vélo ne doit plus être vue uniquement comme un loisir mais comme un moyen de transport au même titre que les moyens motorisés. Nous développerons des itinéraires cyclables adaptés aux besoins de circulation du quotidien, en assurant leur continuité, en supprimant chicanes et plots. A ce titre, nous achèverons l’itinéraire cyclable structurant entre Micropolis et la zone Tokoro, voire la Flodanche.

Nous inciterons à l’utilisation du vélo financièrement par une aide municipale à l’achat de vélos électriques et carrioles. Lorsque cela est pertinent, nous définirons des “sas vélos” aux carrefours avec feux tricolores permettant aux cyclistes de redémarrer plus facilement. Nous augmenterons le nombre de stationnements pour vélos, faciles d’accès, éclairés et sécurisés (notamment sur les parkings-relais).

Extrait du tract école

Nous développerons des pistes cyclables sécurisées qui permettront de se rendre en toute sécurité vers l’école. Nous y aménagerons des parcs à vélos en conséquence.

Nous proposerons également des actions “mobilités” dans les écoles (sensibilisation vélo, pédibus...).

Plus largement en réponse au constat « Mobil’idées » :

A l’échelle de l’agglomération, nous défendrons les projets de voies vertes, en commençant la voie verte structurante Val de Durance (Briançon-Gap-Sisteron).

Nous soutiendrons également la promotion de ce mode de déplacement, au travers d’affichages publics et d’événements comme une “Semaine du vélo au travail”.

Le cahier des charges de l’actualisation du Plan de Déplacements Urbains soulignera l’importance souhaitée par la commune sur ce mode de déplacement et plus largement sur la nécessité de développer les mobilités actives (marche à pied et vélo).

* Les chiffres du constat proviennent de l'enquête déplacement su SCOT de l’aire gapençaise.

Un développement de ce réseau est à imaginer pour répondre aux attentes actuelles et à venir

Nous maintiendrons bien évidemment la gratuité des bus pour la ville et l’agglomération. Afin de développer ce réseau, nous adapterons les horaires et la cadence sur les lignes les plus utilisées pour mieux correspondre aux besoins des Gapençais·es. Nous étendrons les lignes en ajoutant des nouveaux arrêts pour mieux couvrir chaque quartier de la ville et sa périphérie. Nous étudierons notamment la création d’une ligne structurante Micropolis-Tokoro-Flodanche, avec des horaires cadencés et renforcés.

Bien entendu tout cela se fera dans le cadre d’une importante concertation avec les usagers et les acteurs de la mobilité (voir constat N° 10)

Pour faciliter le déplacement et l’autonomie de chacun·e, nous mettrons en place des plans clairs et lisibles à chaque arrêt avec les horaires associés. De plus, une application mobile permettra d’avoir l’ensemble des informations du réseau à jour (horaires, itinéraires, actus...)

Afin d’inciter les Gapençais·es à utiliser les transports en commun, nous organiserons des réunions d’informations publiques sur le réseau et son évolution.

L’intermodalité doit être réfléchie à l’échelle de la ville et de l’agglo

Dans un territoire rural comme l’aire gapençaise, avec une ville centre aussi importante que Gap, la question de l’intermodalité est à nos yeux essentielle. Nous organiserons des réunions d’échanges avec les membres de l’agglomération et de l’aire gapençaise afin de travailler ensemble pour développer l’intermodalité.

A chaque entrée principale de la ville, nous mettrons en place des parkings relais multimodaux attractifs et confortables (toilettes, informations sur le réseau et la ville). Ces parkings permettront de servir d’aires de covoiturages, de départ de bus urbains et d’arrêt de bus des lignes cadencées, de garages à vélo sécurisés. Nous envisageons également la possibilité de location de vélos électriques sur les parkings relais.

A chaque parking et devant la gare, nous créerons des garages à vélos sécurisés. Nous installerons des arceaux à vélos aux endroits d’usage courant dans toute la ville pour encourager l’utilisation du vélo.

Nos propositions concernant la place des transports en commun dans une logique multimodale sont détaillées dans les réponses précédentes.

Pour que les projets d'écomobilité soient optimaux des conditions et modalités de participation des citoyens doivent être mises en place

Nous comptons, comme pour le reste des thématiques du programme, redonner les moyens aux habitant·es d’agir. Nous nous sommes engagés à :

  • affiner les grands projets de notre programme avec les habitant·es, les associations, les acteurs économiques, les partenaires institutionnels et les techniciens...
  • soumettre certaines grandes problématiques au cœur du devenir de Gap à la démocratie participative car une partie des réponses reste à imaginer, à développer et à mettre en œuvre.
  • permettre l’implication des citoyen·nes, donner les moyens à chacun de passer de la satisfaction des intérêts particuliers à celle de l'intérêt général, à la construction de la ville sans pour autant être sur des grands projets et des grandes problématiques. Il s’agit donc également de travailler avec les citoyen·nes à l’échelle d’un site, d’un quartier, d’une rue...

Concernant plus particulièrement la mobilité

Pour mettre en lumière la réalité de la situation et donc permettre de discuter en connaissance de cause avec les citoyen·nes, nous veillerons à actualiser les différentes études et enquêtes ; à mesurer et évaluer régulièrement leur réalisation (enquête déplacements, Plan de Déplacements Urbains). Nous souhaitons notamment mettre en place :

  • un outil de suivi des déplacements pour suivre le changement de comportement afin de réadapter au fur et à mesure les projets.
  • un outil numérique pour permettre aux usagers de faire remonter leurs besoins et problématiques.

Sur la thématique de la mobilité de demain. Gap peut bénéficier de nombreux retours d’expériences en termes d’aménagements et d’équipements. Ces retours d’expériences permettent de faire des choix fonctionnels en connaissance. Mais si nous voulons répondre pleinement à la problématique plus large qui est : « dans un territoire rural comme notre bassin de vie, comment réduire la pollution et les nuisances générées par la voiture sans pénaliser les déplacements pendulaires essentiels à la vie des ménages ? », alors des réponses restent à imaginer, de nouveaux dispositifs sont à concevoir. Nous soumettrons cette problématique à une large concertation (habitant·es, associations, acteurs économiques, partenaires institutionnels et techniciens) pour apporter des éléments et permettre certainement d’inventer le territoire de demain.