Le monde d’après ressemble beaucoup au monde d’avant. Cette année encore le compte administratif de la commune compte un excédent de 11 millions d’euros qui s’ajoute à l’excédent reporté de 2018 ce qui fait un total de près de 23 millions. Ces excédents de fonctionnement capitalisés servent à constituer des réserves pour financer les investissements mais une collectivité n’a pas vocation à thésauriser les recettes de l’impôt qui s’élèvent, à Gap, à 39 millions. Bloquée dans une gestion dépassée, l’équipe municipale de la majorité s’est encore une fois enorgueillie d’avoir fait baisser drastiquement le niveau de la dette au cours du dernier mandat. Mais pour arriver à ce résultat il aura fallu maintenir un niveau d’imposition parmi les plus élevé de France : pour le  foncier bâti par exemple, le taux de 35,76% est 55% plus élevé que la moyenne des 20 villes de même importance que Gap en nombre d'habitant.

En tant que collectivité publique la ville de Gap n’a pas vocation à épargner un quart des impôts qu’elle prélève aux Gapençais·es tout en maintenant une pression fiscale importante.

En cette période inédite, le capital thésaurisé au cours des dernières années serait bien mieux utilisé pour redonner du pouvoir d’achat aux citoyen·es, mettre en œuvre de grands projets pour la protection de l’environnement et l’autonomie énergétique, pour la confortation des services publics, ou encore, pour restituer les 10% enlevés à toutes les subventions des  associations locales.

Avec des taux d’emprunt très faibles, avoir recours à l’autofinancement à près de 80% pour les investissements relève d’un déni total des défis que nous aurons à relever au cours de cette décennie. Face à l’urgence climatique et aux crises qui se profilent, l’objectif de ce mandat devrait être la création rapide d’une ville résiliente et solidaire mais ce n’est pas la direction choisie, c’est pourquoi nous avons voté contre ce budget.

Par ailleurs, alors que les scientifiques du monde entier encouragent les pouvoir publics à entreprendre un virage à 180°, à Gap on maintient une politique d’un autre siècle. Cette année encore, pour recevoir le tour de France la commune s’engage au paiement direct de 40 000€, à la mise à disposition de la police et des services municipaux et à la réalisation des travaux de voirie nécessaires au passage des compétiteurs pour des retombées économiques et un gain de notoriété aléatoires. Au regard des désastres écologiques qui menacent l’avenir de la planète, est-ce réellement pertinent  de cautionner le « greenwashing »(la mascarade écologique) du Tour de France et des pollutions qu’il engendre alors que les mobilités actives que sont la marche et le vélo ne sont pas considérées comme des priorités dans notre ville ?

Enfin, n’en étant pas à une contradiction près, le maire de Gap, a affirmé que les tags réalisés sur les voies publiques pendant le tour de France n’étaient pas un délit contrairement à ceux réalisés pendant le confinement pour informer et sensibiliser sur les violences faites aux femmes et aux enfants.

C’est avec détermination que nous avons porté nos valeurs humanistes, écologistes et démocratiques, en restant fidèles à notre engagement d’intervenir en tant qu’élu·es engagés au service du bien commun, dans  une opposition ferme et constructive.

Les élu·es d’ « Ambitions pour Gap »